C’est fait! Je viens de compléter mon 4e marathon
à Ottawa. Ça fait maintenant 6 ans que je cours assidûment et sur environ 9000 km
je n’ai couru que 168.8km de compétition marathon (1.8%). C’est quand même
assez étonnant de courir tant de km pour si peu. Peu, par rapport à l’objectif
ultime de tout coureur au moins une fois dans une vie. Le fameux marathon.
Il y a 2 mois, je me suis mis à composer un texte sur le
marathon. Pas celui-ci. Après avoir écrit deux bons paragraphes, j’ai mis le
texte sur la glace pour 2 ou 3 jours. Un genre de texte sur qui peut courir des
marathons. 3 jours plus tard, Yves Boisvert de La Presse écrivait un très bon
texte sur à peu près la même idée centrale. Mon chien était mort. (dans le sens
que je ne voulais pas que ça ressemble à du plagiat) J’ai décidé de tout
effacer et d’attendre après le marathon d’Ottawa. Je pars sur une autre idée de
texte. Allez!
UN JEU DE PATIENCE
Si pour plusieurs le marathon c’est la consécration du
coureur, moi je vois le marathon comme une leçon d’humilité pour le corps, la tête
et l'esprit. Qui vit par l’épée périra par l’épée. Et bien au marathon celui
qui court avec impatience périra ‘’MURalement’’ lui aussi…avant le 42.2km. On
peut dire qu’un 10km c’est environ 2 fois l’effort d’un 5km. Statistiquement
parlant, l’écart entre une allure de 5 et d’un 10km n’est pas très grand. Mais
un marathon ce n’est pas un 21.1km fois deux. Au marathon, pour le commun des
mortels, votre corps atteint sa limite après plus ou moins une trentaine de km.
Une bonne raison d’avoir été patient depuis le tout début. Beaucoup trop de coureurs tentent obstinément
de banquer du temps durant la période (0-25km) où justement il faut laisser le
temps au corps de s’habituer. Ça peut sembler facile d’être patient mais en
mode marathon c’est tout le contraire. On se sent près, reposé, habituellement
sans blessure et par-dessus tout le(s) moment(s) le plus important de l’année
du coureur. La patience est pour moi un aspect logique et inséparable d’un
marathon. Mais encore, il faut y croire et surtout l’appliquer.
LE RESPECT DU 42.2KM
Vous n’entendrez jamais dire un coureur de respecter un 5km,
10km et même sur un demi-marathon.
Jamais parce que ces distances sont à la portée de tous les coureurs
(physiologiquement bien entraîné). Le Respect avec le ‘’R’’ majuscule signifie
beaucoup de choses. Un respect qui commence par un entraînement adéquat et
conforme aux objectifs. Le respect de la distance (au-delà du 30km), un respect
envers notre corps (à l’écoute tout au long de la distance), un respect du
processus de progression durant la course et surtout un respect pour le mot
marathon. Ne devient pas marathonien, qui simplement le souhaite. Il faut du
temps, de la patience et beaucoup d’efforts. Le respect c’est la porte par laquelle il faut
entrer. Trop de gens font du marathon
une tentative, une expérience et qui trop souvent se solde inévitablement par
un échec. Il faut se laisser du temps. Selon tout ce que j’ai lu et surtout
entendu dans mon entourage de coureurs, un marathon devrait être couru après un bon
3 ans de course à pied. Une première année avec des 5 et 10km. La 2e
année avec 5,10 et un ou deux demi-marathons. Et finalement, la 3e
année terminée la saison avec le 42.2km. Peu de gens respectent cette loi non
écrite. Moi le premier. J’étais à ma 2e année de course. Aurais-je
dû attendre une année de plus? Avec le recul, oui! Mais dans le feu de l’action
(par rapport au moment de prendre la décision du 1er) c’est
pratiquement impossible se refuser une telle invitation.
LA DÉCISION
Mais quand prendre la décision d’en courir un? Je crois que
lorsque cela vient au naturel de courir, la décision vient toute seule. Au
naturel? Hey oui! Lorsque s’entraîner nous manque, lorsqu’on comprend nos
blessures, qu’on connait notre corps (fatigue, force, récupération, pause, intensité,
etc..) dans les moindres détails. Au moment de trouver les bons souliers, la
bonne technique de course (c.-à-d. : notre technique, pas celle du gars du
livre ou du vidéo), le bon entraînement (celui qui nous fait progresser et non
nous blesser ou surcharger), la bonne motivation, etc etc… Finalement, lorsqu’on
devient un coureur.
C’EST VOUS!
C’est pour cela que ça prend de la patience et du respect.
La patience c’est tout le temps que vous allez mettre à devenir coureur. Le
respect c’est envers vous-même. Se respecter comme être unique. C’est vous qui
allez courir votre marathon. Ce n’est pas le voisin, ni votre collègue de
bureau ou d’entraînement. Patience
et respect ne feront qu’améliorer votre passion pour la course à pied. Et quelques heures après la coup de départ de
votre 42.2km, vous deviendrez un vrai marathonien.