Quoi! Tu cours l’hiver? Combien
de fois on se fait poser la question hein? Mais la question qui revient le plus
c’est comment tu t’habilles pour courir l’hiver. Il y a en beaucoup d’autres,
mais je vais essayer d’y aller avec les plus populaires.
Donc, comment on s’habille
l’hiver pour courir? Simple et compliqué en même temps. Simple si vous êtes
bien équipé, compliqué si vous tentez de vous habiller n’importe comment et surtout
avec n’importe quel vêtement. L’erreur le plus fréquente c’est de courir avec
les mauvais vêtements. Par exemple, courir avec du coton, un manteau d’hiver
doublé qui ne respire pas, des pantalons trop chaud, des gants ou mitaines non adaptés,
etc etc…et j’en passe. Il faut retenir une seule chose à la base. Compenser le
froid avec plusieurs couches minces. Mon petit truc c’est d’ajouter un 10° à la
température. Ex : il fait 0°, j’ajoute un 10° et je m’habille comme si je
sortais à +10°. Donc, petite tuque, gants légers, une couche de base et une
couche milieu et un coupe-vent. C’est mon conseil, mais comme personne ne
supporte le froid de la même façon ce sera à vous de trouver vos ajustements.
Bien entendu, plus il fait froid,
plus il sera important d’ajouter des couches. Il faut garder en tête d’avoir
toujours une base qui respire. Par exemple, le fameux Lifa (le polypropylène)
avec ou sans mérinos (laine de mérinos) est un essentiel pour la base de nos
vêtements. Aidant grandement la respiration, l’humidité sont évacuées plus
rapidement. L’important pour contrer le froid c’est tout d’abord de demeurer au
sec. Vous auriez beau avoir un vêtement très chaud, si vous êtes détrempé en
dessous, le contact de la sueur sur votre peau et sur le vêtement fera une
belle conductivité avec le froid. Une fois avec la bonne base, il suffit
d’avoir un intermédiaire de couche (communément appelé mid-layer) qui sera
encore une fois évacuer la sueur, mais avec une épaisseur pouvant vous garder
au chaud. Il y a une multitude de vêtements de couche intermédiaire.
Personnellement, je cours avec du mid-layer lorsque la température tombe sous
moins -5° ou lorsque les vents (30-40km/h et +) sont présents.
Pour le manteau, vous avez encore
un fois plusieurs options. Je vous recommande fortement de recourir au manteau
avec le Windstopper (breveté par Gore).
Peu importe la cie, si votre manteau possède le Windstopper vous êtes
certains que même durant les pires froids et vents, vous serez protégé au
maximum. Pour les pantalons c’est à peu près le même principe. Windstopper en
avant (doublé ou pas), respirant en arrière, avec combinaison (Lifa, mérino) ou
pas. Durant les très grands froids (-15° et moins) il sera important d’y
ajouter une couche supplémentaire. J’utilise souvent les pantalons de
réchauffement (warm-pants) que je mets par-dessus pour un confort maximal. Dans
le cas des -20° et moins, la sudation n’est pratiquement jamais présente. Il
est doublement important de s’habiller un peu plus chaud pour être certain de
conserver toute la chaleur nécessaire surtout au départ. Il faut dire que ces
températures nous affectent que quelques jours par hiver.
Pour votre tête, il ne faut pas
oublier que c’est la partie du corps ou le plus de chaleur va être évacuée.
Certains courent avec de grosses tuques chaudes. Pour le 1er km ça
peut aller. Pour les autres, et surtout si vous faites des intervalles, vous
risquez d’avoir très chaud. Encore une fois, c’est peut-être mieux d’y aller
avec une genre de cagoule (mince ou doublée) et une tuque (mince) que de mettre
une tuque trop chaude. Si en cours de route vous trouvez que deux épaisseurs
c’est trop, vous aurez le choix d’en retirer une. Pour les gants, je dois
avouer franchement que je n’ai pas trouvé la solution encore, et ce même après
5 hivers. Toujours trop chaud ou trop froid. Bien personnellement, je ne me
vois pas payer 80-100$ pour une paire de gants de courses. Je ne crois pas non
plus qu’une seule paire de gants peut faire le travail de +10° jusqu’à -25°. Il
faut donc varier. Je porte souvent deux petites paires. Des légers gants en polypropylène
et une autre paire par-dessus. Et oubliez les mitaines si vous avez une montre,
des bidons d’eau, musique, etc… Mais je dois avouer que la plupart du temps je
reviens avec les mains soient trop chaudes ou soient gelées.
Avec quoi tu cours? Ah!!! La
question des souliers. Crampons, clous, vis….normal??? Selon moi, ça devrait
dépendre du type d’entraînement et non des conditions. Ça fait drôle à
entendre, mais c’est comme ça que j’évalue la paire de chaussures que je vais
utiliser. Tout d’abord, mettons une chose au clair. De la glace, c’est de la
glace. Peu importe les souliers que vous allez avoir dans vos pieds, la glace,
ça glisse. C’est un peu comme les pneus d’auto. Vous auriez beau avoir acheté
les meilleurs sur le marché, si vous freinez sur la glace vous allez glisser.
N’essayez pas de vous en faire accroire. Et surtout, évitez l’excès de
confiance. En gros, il y a 3 types de condition. Sec, neige (mouillée ou sec)
et glace. Dans les deux premières, n’hésitez pas à utiliser vos souliers d’été.
Ce ne sont pas des souliers fait pour l’hiver, mais, il n’y a aucune raison de
ne pas les porter. Même dans la neige vous aurez assez de mordant pour bien
contrôler vos pas. Par contre, si vous êtes en entraînement de vitesse, il
serait préférable d’y ajouter un soulier plus cramponné. Les souliers de trails ou d'hiver sont alors recommandés. Commencez avec des crampons assez minces et non les
plus hauts. Il faut laisser du temps aux articulations et tendons (cheville)
pour s’adapter à un soulier un peu moins stable. Rappelez-vous que moins il y a
de contact avec le sol (causé par les crampons) plus votre stabilité sera
réduite. Inversement vous gagnerez plus de traction (mordant) dans la neige et
gadoue (slush). Évitez de courir avec des crampons directement sur l’asphalte.
Les risques de foulures ou entorses sont de beaucoup augmentés. Évitez surtout
de courir dans les conditions extrêmes (verglas et glace). Vaut mieux remettre
un entraînement que d’aller risquer de se blesser. Depuis 2ans, j’ai décidé
d’aller faire mes entraînements en haute intensité au gym, lorsque les
conditions sont impraticables. Je sais, plusieurs personnes détestent le gym
et/ou le tapis roulant, mais il arrive des moments durant l’hiver que
d’approcher certaines vitesses en entraînement est pratiquement impossible et
dangereux.
Dois-je continuer mon
entraînement ou pas? L’hiver n’est pas nécessairement synonyme d’arrêt d’entraînement.
Certes il y a un ralentissement, mais si vous êtes en mesure de continuer à
vous entraîner, votre début de saison au printemps sera des plus agréables. Lorsqu’arrive
le mois d’avril et que vous êtes en pleine forme, repartir la machine ne sera
pas nécessaire. Vous sauverez facilement un 4 à 6 semaines de remise en forme. C’est
beaucoup! De plus, voir les journées s’allonger, la température devenir de plus
en plus clémente, les entraînements plus faciles avec le retrait des
impondérables hivernaux vous donnera l’effet d’avoir accompli une étape
annuelle avec succès.
Dernier point. Les courses hâtives. Un seul
petit mot sur ces courses (février-mars). Habituellement ces courses sont réservées
pour renouer avec la compétition, mais surtout pour renouer avec le plaisir de
faire des compétitions. Je vous suggère d’y aller avec modération. Doublement important si vous vous êtes moins
entraîné durant la saison hivernale.
Sur ce, bonne course et surtout sortez essayer l’hiver, il ne vous mangera pas!
Points importants à retenir :
-S’habiller en couches minces
-Avoir des vêtements de base de
qualité
-Posséder des vêtements brevetés
pour couper le vent
-Choisir son soulier de course
par rapport à son entraînement (intervalles, longue sortie…) et posséder plus d’une
paire (pour convenir à toutes les surfaces)
-Ne pas hésiter de continuer à
courir même en hiver
-Allez-y modérément pour vos
premières courses hâtives. (Fév.Mars)