mardi 6 janvier 2015

Courir l’hiver!




Quoi! Tu cours l’hiver? Combien de fois on se fait poser la question hein? Mais la question qui revient le plus c’est comment tu t’habilles pour courir l’hiver. Il y a en beaucoup d’autres, mais je vais essayer d’y aller avec les plus populaires. 

Donc, comment on s’habille l’hiver pour courir? Simple et compliqué en même temps. Simple si vous êtes bien équipé, compliqué si vous tentez de vous habiller n’importe comment et surtout avec n’importe quel vêtement. L’erreur le plus fréquente c’est de courir avec les mauvais vêtements. Par exemple, courir avec du coton, un manteau d’hiver doublé qui ne respire pas, des pantalons trop chaud, des gants ou mitaines non adaptés, etc etc…et j’en passe. Il faut retenir une seule chose à la base. Compenser le froid avec plusieurs couches minces. Mon petit truc c’est d’ajouter un 10° à la température. Ex : il fait 0°, j’ajoute un 10° et je m’habille comme si je sortais à +10°. Donc, petite tuque, gants légers, une couche de base et une couche milieu et un coupe-vent. C’est mon conseil, mais comme personne ne supporte le froid de la même façon ce sera à vous de trouver vos ajustements. 

Bien entendu, plus il fait froid, plus il sera important d’ajouter des couches. Il faut garder en tête d’avoir toujours une base qui respire. Par exemple, le fameux Lifa (le polypropylène) avec ou sans mérinos (laine de mérinos) est un essentiel pour la base de nos vêtements. Aidant grandement la respiration, l’humidité sont évacuées plus rapidement. L’important pour contrer le froid c’est tout d’abord de demeurer au sec. Vous auriez beau avoir un vêtement très chaud, si vous êtes détrempé en dessous, le contact de la sueur sur votre peau et sur le vêtement fera une belle conductivité avec le froid. Une fois avec la bonne base, il suffit d’avoir un intermédiaire de couche (communément appelé mid-layer) qui sera encore une fois évacuer la sueur, mais avec une épaisseur pouvant vous garder au chaud. Il y a une multitude de vêtements de couche intermédiaire. Personnellement, je cours avec du mid-layer lorsque la température tombe sous moins -5° ou lorsque les vents (30-40km/h et +) sont présents. 

Pour le manteau, vous avez encore un fois plusieurs options. Je vous recommande fortement de recourir au manteau avec le Windstopper (breveté par Gore).  Peu importe la cie, si votre manteau possède le Windstopper vous êtes certains que même durant les pires froids et vents, vous serez protégé au maximum. Pour les pantalons c’est à peu près le même principe. Windstopper en avant (doublé ou pas), respirant en arrière, avec combinaison (Lifa, mérino) ou pas. Durant les très grands froids (-15° et moins) il sera important d’y ajouter une couche supplémentaire. J’utilise souvent les pantalons de réchauffement (warm-pants) que je mets par-dessus pour un confort maximal. Dans le cas des -20° et moins, la sudation n’est pratiquement jamais présente. Il est doublement important de s’habiller un peu plus chaud pour être certain de conserver toute la chaleur nécessaire surtout au départ. Il faut dire que ces températures nous affectent que quelques jours par hiver.

Pour votre tête, il ne faut pas oublier que c’est la partie du corps ou le plus de chaleur va être évacuée. Certains courent avec de grosses tuques chaudes. Pour le 1er km ça peut aller. Pour les autres, et surtout si vous faites des intervalles, vous risquez d’avoir très chaud. Encore une fois, c’est peut-être mieux d’y aller avec une genre de cagoule (mince ou doublée) et une tuque (mince) que de mettre une tuque trop chaude. Si en cours de route vous trouvez que deux épaisseurs c’est trop, vous aurez le choix d’en retirer une. Pour les gants, je dois avouer franchement que je n’ai pas trouvé la solution encore, et ce même après 5 hivers. Toujours trop chaud ou trop froid. Bien personnellement, je ne me vois pas payer 80-100$ pour une paire de gants de courses. Je ne crois pas non plus qu’une seule paire de gants peut faire le travail de +10° jusqu’à -25°. Il faut donc varier. Je porte souvent deux petites paires. Des légers gants en polypropylène et une autre paire par-dessus. Et oubliez les mitaines si vous avez une montre, des bidons d’eau, musique, etc… Mais je dois avouer que la plupart du temps je reviens avec les mains soient trop chaudes ou soient gelées.

Avec quoi tu cours? Ah!!! La question des souliers. Crampons, clous, vis….normal??? Selon moi, ça devrait dépendre du type d’entraînement et non des conditions. Ça fait drôle à entendre, mais c’est comme ça que j’évalue la paire de chaussures que je vais utiliser. Tout d’abord, mettons une chose au clair. De la glace, c’est de la glace. Peu importe les souliers que vous allez avoir dans vos pieds, la glace, ça glisse. C’est un peu comme les pneus d’auto. Vous auriez beau avoir acheté les meilleurs sur le marché, si vous freinez sur la glace vous allez glisser. N’essayez pas de vous en faire accroire. Et surtout, évitez l’excès de confiance. En gros, il y a 3 types de condition. Sec, neige (mouillée ou sec) et glace. Dans les deux premières, n’hésitez pas à utiliser vos souliers d’été. Ce ne sont pas des souliers fait pour l’hiver, mais, il n’y a aucune raison de ne pas les porter. Même dans la neige vous aurez assez de mordant pour bien contrôler vos pas. Par contre, si vous êtes en entraînement de vitesse, il serait préférable d’y ajouter un soulier plus cramponné. Les souliers de trails ou d'hiver sont alors recommandés. Commencez avec des crampons assez minces et non les plus hauts. Il faut laisser du temps aux articulations et tendons (cheville) pour s’adapter à un soulier un peu moins stable. Rappelez-vous que moins il y a de contact avec le sol (causé par les crampons) plus votre stabilité sera réduite. Inversement vous gagnerez plus de traction (mordant) dans la neige et gadoue (slush). Évitez de courir avec des crampons directement sur l’asphalte. Les risques de foulures ou entorses sont de beaucoup augmentés. Évitez surtout de courir dans les conditions extrêmes (verglas et glace). Vaut mieux remettre un entraînement que d’aller risquer de se blesser. Depuis 2ans, j’ai décidé d’aller faire mes entraînements en haute intensité au gym, lorsque les conditions sont impraticables. Je sais, plusieurs personnes détestent le gym et/ou le tapis roulant, mais il arrive des moments durant l’hiver que d’approcher certaines vitesses en entraînement est pratiquement impossible et dangereux. 

Dois-je continuer mon entraînement ou pas? L’hiver n’est pas nécessairement synonyme d’arrêt d’entraînement. Certes il y a un ralentissement, mais si vous êtes en mesure de continuer à vous entraîner, votre début de saison au printemps sera des plus agréables. Lorsqu’arrive le mois d’avril et que vous êtes en pleine forme, repartir la machine ne sera pas nécessaire. Vous sauverez facilement un 4 à 6 semaines de remise en forme. C’est beaucoup! De plus, voir les journées s’allonger, la température devenir de plus en plus clémente, les entraînements plus faciles avec le retrait des impondérables hivernaux vous donnera l’effet d’avoir accompli une étape annuelle avec succès. 

Dernier point. Les courses hâtives. Un seul petit mot sur ces courses (février-mars). Habituellement ces courses sont réservées pour renouer avec la compétition, mais surtout pour renouer avec le plaisir de faire des compétitions. Je vous suggère d’y aller avec modération.  Doublement important si vous vous êtes moins entraîné durant la saison hivernale.

Sur ce, bonne course et surtout sortez essayer l’hiver, il ne vous mangera pas!

Points importants à retenir :

-S’habiller en couches minces

-Avoir des vêtements de base de qualité

-Posséder des vêtements brevetés pour couper le vent

-Choisir son soulier de course par rapport à son entraînement (intervalles, longue sortie…) et posséder plus d’une paire (pour convenir à toutes les surfaces)

-Ne pas hésiter de continuer à courir même en hiver

-Allez-y modérément pour vos premières courses hâtives. (Fév.Mars)


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